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Les 5 douleurs à vélo qui disparaissent avec un BikeFit (et celles qui ne disparaissent pas)

  • Photo du rédacteur: Philippe Dessaulles-Goudezeune
    Philippe Dessaulles-Goudezeune
  • 15 avr.
  • 6 min de lecture
Physiothérapeute mesurant l'angle au genou d'un patient pendant un bikefit

La saison dernière, tu as terminé plusieurs sorties avec ce genou qui tirait, ce dos qui se plaignait, ou ces mains qui s'engourdissaient au bout d'une heure. Tu t'es dit que tu t'en occuperais à l'automne. L'automne est passé. Et là, le printemps revient : les pistes cyclables se libèrent, le vélo sort du garage, et tu ne veux pas que ça recommence.


Quelqu'un t'a suggéré un BikeFit. Bonne idée ?


Réponse honnête : souvent oui, mais pas toujours une solution magique. Et comprendre la différence, c'est précisément ce qui t'évite de répéter la même saison douloureuse, ou de perdre du temps à chercher une solution au mauvais endroit.


Une précision importante d'entrée de jeu : on parle ici d'un BikeFit réalisé par un physiothérapeute, pas d'un simple ajustement en boutique de vélo. La différence, c'est que le physio évalue les deux côtés à la fois : le vélo et le corps qui le propulse.


Dans cet article : · Les 5 douleurs de cycliste qui répondent bien à un BikeFit · Ce qu'un BikeFit ne peut pas régler seul · Comment distinguer ce qui vient de ton vélo vs. de toi

Un premier indice utile avant de lire la suite : si ta douleur apparaît uniquement sur le vélo, elle a de bien meilleures chances de répondre à un ajustement de position. Si elle est aussi présente dans ta vie quotidienne, à la marche, ou dans d'autres sports, la cause est probablement ailleurs et le BikeFit seul ne suffira pas. Ce n'est pas une règle absolue, mais c'est un bon point de départ pour orienter la réflexion.


Les 5 douleurs qui disparaissent souvent avec un BikeFit


1. La douleur au genou (face avant)


C'est la plainte numéro un chez les cyclistes. Une douleur diffuse sous ou autour de la rotule, qui s'installe progressivement après 45-60 minutes de vélo, ou à la reprise après une pause.


Le lien avec la position : Une selle trop basse oblige le genou à travailler dans une flexion excessive à chaque coup de pédale. Sur quelques heures de vélo, c'est des milliers de répétitions avec un stress articulaire augmenté. Monter la selle de quelques millimètres peut transformer complètement la situation.

D'autres facteurs positionnels jouent aussi : la position des cales sur tes chaussures (souvent négligée !), la distance selle-guidon, et l'inclinaison de la selle elle-même.


2. La douleur au bas du dos


Le bas du dos est l'autre grand classique, surtout chez les cyclistes de route ou les adeptes de vélo de montagne qui passent des heures en position fléchie.


Le lien avec la position : Un guidon trop bas ou trop loin oblige la colonne lombaire à se courber au-delà de ce qu'elle peut tolérer dans la durée. Une selle mal inclinée (trop vers l'avant) ou mal placée fait basculer le bassin et comprime les lombaires. Ajuster ces paramètres réduit souvent les douleurs de façon spectaculaire, sans qu'il y ait quoi que ce soit de « brisé » dans ton dos, en répartissant mieux la charge.


3. Les engourdissements aux mains et aux poignets


Fourmillements dans les doigts après 30 minutes sur le vélo ? Mains qui s'engourdissent dans les descentes longues ?


Le lien avec la position : Quand trop de poids est reporté sur les mains (guidon trop bas, selle trop inclinée vers l'avant, mauvaise longueur de potence), les poignets et les nerfs ulnaire ou médian en subissent les conséquences. Un réajustement de la distribution du poids peut régler ce problème en une seule session.


4. La douleur à la nuque et aux épaules


Elle arrive souvent après les longues sorties, ou quand on commence à rouler en position plus agressive (time trial, tri, vélo de route avec cintres bas).


Le lien avec la position : Une position trop allongée force les extenseurs du cou à travailler en contraction statique prolongée pour maintenir la tête haute. C'est épuisant. Et douloureux. Rehausser le guidon ou raccourcir la potence peut considérablement soulager la région cervicale.


5. L'inconfort périnéal et les douleurs de selle


C'est le sujet dont on parle moins, mais que beaucoup vivent en silence : engourdissements génitaux, douleur à la base du périnée, sensation d'inconfort persistante après une sortie.

Le lien avec la position : Une selle mal choisie ou mal orientée (trop inclinée vers le bas, trop haute, mal positionnée en profondeur) exerce une pression directe sur les structures vasculaires et nerveuses du périnée. Un BikeFit inclut une évaluation de la selle, et parfois, changer simplement l'orientation de quelques degrés suffit. Le physiothérapeute saura aussi te guider dans le bon choix de selle si celle-ci n'est vraiment pas appropriée pour toi.


Les douleurs qui ne disparaissent PAS avec un BikeFit seul


C'est ici que l'honnêteté clinique entre en jeu.

Un BikeFit optimise ta position sur le vélo. Mais si le problème vient de toi : d'une faiblesse musculaire, d'une blessure existante, d'une structure irritée, ajuster le vélo ne règle pas la cause profonde. Au mieux, ça réduit l'irritation. Au pire, ça retarde la vraie prise en charge.

En pratique, trois grandes situations indiquent qu'on a besoin de plus qu'un ajustement de vélo.


La douleur est présente hors du vélo. Si tu la ressens aussi en marchant, au travail, ou dans un autre sport, elle existait probablement avant que la position soit un problème. Le BikeFit peut aider à ne pas l'aggraver sur le vélo, mais il ne traitera pas la source.


Il y a une blessure ou une inflammation active. Une tendinite, une entorse récente, une condition lombaire irritée : le corps a besoin de soins d'abord. Optimiser la position sur un tissu déjà enflammé ne fera pas de miracle.


Il y a une limite physique importante. Si une raideur de cheville t'empêche d'atteindre une bonne position de pédalage, ou si les muscles qui propulsent le vélo ne sont pas assez forts pour soutenir l'effort, ajuster le vélo ne compensera pas sur la durée. Il faut d'abord aller chercher cette mobilité ou ce renforcement.


C'est justement là que le BikeFit en physiothérapie fait toute la différence. Quand une limite vient du corps plutôt que du vélo, le physiothérapeute peut directement enchaîner : mobiliser une cheville qui manque de flexion, prescrire un programme de renforcement pour les fessiers ou les stabilisateurs, ou traiter une tendinite en parallèle de l'ajustement de position. On ne repart pas avec un vélo bien ajusté et un problème non réglé : les deux sont pris en charge dans le même suivi.


Et le BikeFit, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'est pas figé dans le temps. On peut commencer avec une position plus conservatrice qui respecte les capacités actuelles de la personne, puis faire évoluer l'ajustement au fur et à mesure que la mobilité et la tolérance s'améliorent. C'est une approche progressive : la position s'adapte aux progrès, pas l'inverse.


La vraie valeur d'un BikeFit : prévenir autant que traiter


Même si tu n'as pas de douleurs aujourd'hui, un BikeFit reste un investissement intelligent en début de saison. La plupart des blessures de cyclistes ne surviennent pas à la suite d'une chute ou d'un incident précis : elles s'accumulent lentement, répétition après répétition, sur une position légèrement sous-optimale.

Un BikeFit réalisé par un physiothérapeute va plus loin qu'un simple ajustement mécanique : il tient compte de ta morphologie, de ta mobilité, de tes antécédents, et de tes objectifs. La position idéale pour un triathlète qui veut préserver son dos pour la course à pied n'est pas la même que celle d'un grimpeur qui veut maximiser la puissance.


En résumé


Ces douleurs répondent bien à un BikeFit :

  • Douleur au genou (face avant)

  • Douleur au bas du dos

  • Engourdissements aux mains et aux poignets

  • Nuque et épaules

  • Inconfort périnéal et douleurs de selle


Ces situations nécessitent plus qu'un ajustement de position :

  • Tendinite ou blessure active : le traitement passe en premier

  • Condition lombaire préexistante (hernie, sténose) : le BikeFit complète, mais ne suffit pas seul

  • Faiblesse musculaire significative : renforcement d'abord, BikeFit ensuite (ou en parallèle)

  • Douleur présente hors du vélo : la cause est ailleurs


Tu te reconnais dans l'une ou l'autre de ces situations ? La prochaine étape est une évaluation, pour distinguer ce qui vient de ton vélo et ce qui vient de toi.


*Image générée par IA Philippe Dessaulles-Goudezeune est physiothérapeute membre de l'OPPQ, expertise en biomécanique du cyclisme et course à pied. Il offre des BikeFits à Montréal (Griffintown / Pointe-Saint-Charles) et enseigne à l'Université de Montréal.

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